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 99 francs

Un roman de Frédéric BEIGBEDER, paru au édition Grasset, 2000

  • kurumae
  • Dimanche 22/04/2007
  • 14:47
  • Version imprimable
 

Résumé :

Ce roman dans l’ensemble réaliste à l’humour sardonique est celui d’Octave Parago (un dérivé de parangon ?), publicitaire trentenaire autrefois sans scrupule qui veut se racheter en changeant radicalement de vie.
Pour ce faire, mordant la main qui l’a nourrit, il entame l’écriture d’une satire, celle que nous lisons, afin de se faire licencier du groupe international qui l’emploie. Ce Rastignac repentant énonce sans mansuétude les vérités de son milieu.

  • Sa philosophie de « créatif » ? «Tout est provisoire et tout s’achète. L’homme est un produit comme les autres, avec une date limite de vente. »

     
  • Son travail ? Il est « […] le type […] qui vous fait rêver de ces choses que vous n'aurez jamais» car « dans [sa] profession, personne ne souhaite votre bonheur, parce que les gens heureux ne consomment pas».

     
  • Ses employeurs ? D’avides magnats de la publicité qui « […] mènent la troisième guerre mondiale. » Son (ancien) but ? D’abord, « […] [Convaincre] les consommateurs de choisir le produit qui s’usera le plus vite.», puis, gagner un maximum d’argent.
     
  • Son interlocuteur type ? « Une mongolienne de moins de cinquante ans. » Ses armes ? Diverses techniques de manipulation, comme des messages trompeurs (le célèbre prix de 99 F qui donne son titre à l’ouvrage).

Entre ses amours complexes, son pseudo travail à Saint-Germain-des-Prés, un séminaire en Afrique, le tournage d’un spot à Miami, un séjour en hôpital psychiatrique, une promotion imprévue, sans oublier un meurtre, la vie toute simple d’Octave se déroule chaotiquement sous nos yeux. Inattendue, la fin est un délire parabolique désespéré. Divisée en chapitres égrenant les pronoms personnels, du plus personnel au plus général, entrelardée de coupures publicitaires et de slogans (pardon, d’« accroches »), cette quête de sens et d’échange plus profond avec autrui débouche sur le vide et l’incommunicabilité.


Critique personnelle :
 
S’il n’est pas d’un style inoubliable, ce roman singulièrement cynique a le mérite de dépeindre avec acuité et force le milieu sordide de la publicité et de composer un portrait vitriolé de notre société de consommation. En ce sens, il est une mine d’informations pour se faire une idée d’un monde professionnel central (bien que les remarques de l’auteur sont à prendre avec une nécessaire distance critique), ainsi que le point de départ d’une réflexion philosophique (mais oui !) sur le spleen ambiant, le capitalisme sauvage et les valeurs discutables des hommes d’aujourd’hui, leur appétence des biens matériels, leur goût du paraître, leurs ambitions minables.
L’auteur gagnerait à s’inspirer de sa critique sociale : ancien créatif lui-même, aujourd’hui millionnaire, grâce aux parts d’une société montée avec son frère, écrivain mondain ayant une fâcheuse tendance à prêter (prostituer ?) sa plume à qui veut, chantre des dernières tendances, Frédéric Beigbeder ne semble pas particulièrement vivre en sage ascète altermondialiste…
Mais les contradictions de ce dernier sont le reflet des nôtres. Foule sentimentale ayant soif d’idéal, nous continuons malgré nos protestations à acheter ces choses qui donnent envie d’autres choses - dont ce livre d’ailleurs - et nous prenons plaisir à détester notre double maléfique, Octave, afin de ne pas faire un examen de conscience trop douloureux. A défaut de la déclarer saine, nommons utile cette lecture. Le caractère complaisamment sombre et outrageusement pornographique de certains passages gâche cependant le plaisir de lire, quand il ne dessert pas le propos. Un livre à ne pas mettre entre les pieuses mains de l’Abbé Houard !

Clément

Mise à jour

  • 10/06/2009